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CHANT DE GUERRE

La mère dit : " La petite bête ne mange pas la grosse bête ". Est-ce pour cela qu'il lui fut bien difficile de manger, bien difficile d'ingérer quelque aliment que ce soit qui eût pu transformer son corps d'elfe malingre et tendu en une "bête" énorme de chair et de graisse ? La mère dit : " Achète-toi donc un chat... Tu n'auras plus peur des souris comme ça ! ". Le père dit : " Moi, pendant la guerre (Quelle guerre au juste ?), j'ai vu des chats reculer devant des rats plus gros qu'eux, dressés sur leurs pattes arrières et prêts à attaquer ! ".
La guerre en soi, ensuite, permanente, tangible, présente et indicible pourtant.

Chat, chatte, minou, zézette... plus tard, renvoyée de nouveau au symbole, à la castration métaphorique, à l'émasculation sordide. Une opération bénigne, mais du sang et l'idée de n'être plus tout à fait entière, amputée d'une part de soi, soyeuse à souhait. Mais non... juste un petit bout d'intestin là où tu vois le pénis honteux que tu n'as jamais eu. Pas question de faire pipi debout sinon avec la sanction immédiate de tes chaussures et de tes socquettes trempées d'urine.

Toujours emprisonnée par sa culture, son éducation, les préjugés du monde, un système normatif qu'elle ose à peine remettre en question. Son désir des femmes : caresser leur chair crue, mordre leurs seins fermes et tomber à la renverse, à leurs genoux. Ecrire des vers peut-être. Dans les romans, n'être pas celle qu'on dit aimer, mais celui qui désire, qui se bat, qui triomphe. Etre celui qui baise, pas celle qui reçoit. Bien sûr qu'elle avait toujours eu peur des rats. C'était le premier jour de l'automne, dans la ferme de ses grands-parents.
Sept ans. Elle s'étend sur le dos, les mains croisées sous la tête, tranquille. Elles sont dans la grange. Il fait très lourd dehors. Le soleil plombe l'après-midi et l'on entend le bruit incessant de l'été qui crisse dans l'herbe sèche. Ses jambes sont nues. Jeanne mange une pêche chaude. C'est comme le commencement du monde dans la solitude de la grange. Le jus coule de la bouche et du menton de Jeanne jusqu'à ses propres cuisses. Puis elles jouent, à cache-cache, excitées, énervées par la chaleur, s'embrassant quand elles se trouvent, criant, hurlant, bouches ouvertes que ne clôt que le bouche-à-bouche, le baiser volé, toujours entre deux cris. Pas de langues mêlées, ni même en inconscience. Jeanne lui échappe, elle est cachée, dans la grange ou ailleurs, dans le foin, peut-être, la brune Jeanne, sa cousine.

Il grattait lui aussi dans la paille, dissimulé, rapide, inattendu. Elle ne bougeait plus, patientait, que cela passe, que cela passe, immobilisée par le contact froid de ce corps qu'elle ne pensait pas trouver là, ce corps vivant et pourtant glacé comme elle s'imaginait la mort. Son dégoût né alors, ici, ce jour, dans la paille. Elle l'avait senti frôler sa jambe inerte et imberbe, le long de sa cuisse, sa longue queue nue tout près de son sexe. Si seulement tu avais un phallus, ma pauvre fille, rien ne pourrait entrer en toi par là, rien de cette taille. Un court moment d'éternité près de la mort.
Elle sort en courant de la grange pour se heurter aux cheveux bruns et à l'odeur de pêche chaude de Jeanne, l'odeur de son ventre pour pleurer, crier, gémir de rage, de colère, de terreur. Jeanne aux mains douces avait caressé sa tête, longuement, tandis qu'elle mordait encore ses poings en silence.

Son amour des jupes odorantes où plonger la tête. Son désir des femmes. Les jupes et les perversités qui pouvaient s'y cacher. Salie d'un seul effleurement et sans cesse guérie de caresses. La maladie honteuse trottait, trottinait, sur le plancher de la grange, dans le foin, sur le mensonge par omission de ses sept ans, sur l'absence de pénis ou le pénis volé.

Jeanne. Ses rires et ses enchantements bruns la dominaient. A quinze ans, leurs embrassades continuaient, moins enfantines, plus lourdes, dans l'affolement de l'adolescence. Leurs corps chastes se touchaient, leurs mains se serraient, leurs bouches se clouaient l'une à l'autre, par jeu, par défi, par amour. Elles se frottaient, frottaient leurs corps chauds des heures entières, jusqu'à gémir, supplier tout bas, étouffant leurs cris de jouissance dans l'oreiller, plaisir intime et égoïste. Chaque fois, maintenant, Jeanne se levait rapidement, s'habillait sans un mot et quittait la chambre de leurs siestes estivales. Elle allait rejoindre les garçons du village et leurs mobylettes assourdissantes, allait se baigner avec eux, se laisser étreindre et embrasser sans doute.
Elle restait dans la moiteur des draps où traînait encore l'odeur de pêche chaude. Elle se roulait dedans. Parfois, elle recommençait, seule, à chercher ce plaisir qu'un seul baiser de Jeanne pouvait lui procurer, se frottant à la solitude de draps du parfum de Jeanne. Parfois, elle s'endormait pour de bon et se réveillait dans un cri, en sueur, parce qu'il l'avait suivie jusque dans son sommeil pour l'effleurer encore et toujours de sa queue torsadée. Elle comprit assez vite qu'elle aimait Jeanne d'un amour bien différent de celui mis en avant par leurs parents respectifs dans les réunions familiales. Un amour tu comme tout plaisir et toute honte doivent se taire au monde.

A vingt ans, Jeanne rencontre celui qui doit devenir le père de ses enfants. Tragédie burlesque de la vie. Elles ne se parlent plus. Elle sait trop de choses. Jeanne ne veut pas savoir, ne veut pas que cela se sache. Le jour du mariage, elle se tait. Elle ne remplit pas l'office promis de témoin. Tant mieux. Son regard ne quitte pas la nuque de Jeanne, cette nuque à jamais mordue, à jamais baisée de sa bouche.

Elle ne voyait plus Jeanne que lors des réunions de famille. C'était convenu, mondain et c'était bien ainsi. Jeanne ne se ressemblait plus.

Elle vivait toujours seule. Elle avait admis. Ne vomissait plus après son repas. Ne se forçait plus à vomir. Elle se savait de sexe féminin mais de genre indéterminé et cela lui allait. Ne pas trop se poser de questions. On avait bien essayé de la mettre dans une case mais cela avait été trop difficile pour tout le monde. Ses parents ne savaient toujours pas qu'elle ne se marierait jamais et elle passait pour la "vieille fille " de la famille.
Elle avait aimé d'autres corps aux odeurs variables, neige, épices, terre, fougères, maïs... Elle avait eu des nuits vibrantes où, croisée au comptoir, une fille, une femme, sans âge ou couleur de peau déterminés, la suivait chez elle, une fille, une femme, séduite, qu'elle charmait, virile parfois.
Elle aimait toujours les siestes dans les chambres aux persiennes closes, l'été. Elle aimait toujours les jouissances liquides et solitaires, la sueur des corps noués. Elle avait aussi toujours les mêmes cauchemars noueux. Aucune nuit ni aucune sieste ne savaient la guérir ou même l'apaiser. Et c'est toujours l'odeur de pêche chaude des souvenirs d'enfance qui dominait ses sens affaiblis par la terreur.
Plus aucune âme, jamais, ne semblait pouvoir se mêler à la sienne. Elle était parfois dure dans son silence comme un tombeau, et laissait ses amantes repartir, le dos tourné à la porte, sans un mot pour l'avenir.

La terreur rampante traînait souvent, elle le savait, le long des quais du fleuve. Au milieu des ordures, des déchets abandonnés par les troupes festives des soirées d'été.
C'est une nuit que tout s'arrête. La veille de ses trente ans. Il y avait des dizaines de ces ignobles crevures qui vagabondaient au milieu des poubelles éventrées. Contre sa peur. Elle décide d'en isoler un et de le crever. Malgré ses pieds dénudés. Elle frappe du talon sur son crâne, violemment. Il couine. A plusieurs reprises elle frappe et il couine. Il tente de la mordre et se débat contre sa mort mais rien n'y fait. Elle frappe encore. Elle s'enivre de son petit cri d'agonie qui s'éteint dans le giclement mou de la cervelle.
Elle nettoie sa sandale à l'eau tiède d'une fontaine publique. La nuit est claire. Elle croit voir Jeanne, petite fille, qui traverse devant elle. L'odeur de pêche chaude lui fait toucher du doigt le ciel nacré de l'été lyonnais puis se range d'elle-même, soigneusement, dans un repli de sa mémoire.

Il y a un bar de l'autre côté de la rue, à l'enseigne sombre qui fait une tâche brune au bout de ses pieds. Derrière la vitre, des femmes s'étreignent, des corps s'essoufflent, et le monde valse aux sons de syncopes affolées. A mesure qu'elle avance et pousse la porte, le brun recouvre son corps.

 


LA PAIX

Ça commence comment déjà ? Par une nuit de terreur brusque, où dans le lit trop grand aux cendres des loups, il est seul et l'appelle, il est seul et pleure désespérément, terrifié, mangeant ses poings, si incroyablement petit au centre de ce monde immense et qu'il ne comprend pas et qui ne le comprend pas, exclus, définitivement, par ces pleurs que nul ne vient calmer, ces pleurs qui l'isolent au centre parfait de cette chambre. Il compte dans ses sanglots le nombre de lattes au sol qui entourent son lit : parfait, le même nombre tout autour, le lit est ce lieu magique qui le protège, au centre parfait de la chambre, le lit est un cercle de feu qui éloigne les mauvais esprits, les enfants morts, les limbes, les loups, les ogres. Parfait au centre du monde, c'est comme ça que ça commence, mais rendant tout plus grand, plus dangereux, plus éloigné, plus agressif, rendant l'extérieur du lit, puis de la chambre, puis de la maison, puis de la ville, puis de tout lieu qu'il fait sien tant qu'il en a trouvé le centre exact, rendant tout ce qui n'est pas tel qu'il le veut, parfait à ses signes et ses envies, trop périlleux, trop glissant, trop dur. C'est comme ça que ça commence : il l'appelle dans sa terreur, qu'elle seule vienne, qu'elle seule entre et le délivre, qu'elle seule pénètre le signe, le soulève, le sorte du lit, l'emporte dans sa quiétude chaude, dans l'odeur tendre du sommeil, mais elle tarde, elle l'abandonne, elle n'est pas là. Le seuil n'est pas franchi, la porte n'est pas ouverte, la lumière reste éteinte et seule la lune vient calmer sa peur, mais pas elle, non, pas elle. Il a beau pleurer, appeler, hurler et manger ses poings, elle ne vient pas, elle n'entend pas, elle n'est pas là, plus là, c'est fini, elle s'écroule, tout comme son père le jour où il a compris qu'il mentait, lui-aussi, tout s'écroule, et il ne croit plus en Dieu car Dieu ne le calme pas, Dieu ne le fait pas grandir, Dieu ne lui amène pas sa mère, belle, douce, aux cheveux odorants, dans son évanescence lascive de dormeuse faûchée en plein sommeil. Aucun des deux n'est là. Il est seul, abandonné de tous, abandonné de Dieu. Sur la plage, il a quinze ans. Il observe les gouttes denses qui coulent de ses cheveux salés au sortir de l'eau, les gouttes font dans le sable de petits puits qui sèchent immédiatement, et le sable reprend ses droits, remonte, et la trace même de l'eau et du sel disparaît. Sa peau est brune et blanche par endroits, comme si le sel l'avait lêchée. Un ballon touche son flanc droit alors qu'il lit, peu préoccupé par son corps, par la sueur, par la course, par la folie turbulente des adolescents, peu soucieux d'être semblable aux autres, peu crédible lorsqu'il se lève et frappe dans la balle pour la renvoyer au groupe viril qui l'attend en riant. Un des garçons s'approche et l'invite. Est-ce un bal ? Est-ce la louve qui vient tendre sa douceur aux Romulus et Rémus de ses versions latines ? Est-ce bien enfin comme ça que ça commence, par cette main sur l'épaule, cette langue qu'il ne comprend pas, ce signe de tête indiquant le groupe torse nu et couvert aux cuisses de sable collé à la sueur, ça vient le prendre, c'est un jour de vagues, ça le soulève enfin, le sort du lit, des livres, des signes, des silences, il parle, il rit, il dit qu'il ne comprend pas, mais si, il comprend, il suit, il veut bien, il accepte la danse, il prévient qu'il ne sait pas, néophyte on dit ? Il suit le garçon blond, il l'appelle déjà Prince, Peter Pan, Pierre et le loup. Il regarde le dos et les épaules qui tanguent à la marche car les pieds s'enfoncent dans le sable brûlant. Il préfère rester à garder les buts et Sa serviette. Ils jouent, se bousculent, tombent les uns sur les autres, il regrette déjà de ne pas avoir accepter d'être plus près de Lui. Il l'observe. Il rit quand Il rit. Il apprend. Voudrait avec lui rouler au sable, se coucher à la chaleur étrangement soyeuse du sable et de Sa peau dorée. Puis la fin du match et la promesse de se revoir le lendemain. Le garçon prend le ballon et de nouveau touche son épaule pour le saluer, puis s'éloigne après avoir noué Sa serviette autour de la taille, oh ! garder encore cette serviette les autres jours, mordre dedans, la couvrir de baisers, sècher son visage avec.

Avant la fin de l'été, ils se retrouvent seuls. Ils partent en vélo sur les routes les plus isolées, trouvent une plage au milieu des dunes, se baignent. Il s'est mis nu devant lui car Il n'avait pas prévu la baignade. Ils ne se comprennent toujours que par signes et devant l'hésitation à se déshabiller, le garçon blond soulève son tee-shirt en riant, lui ôte, le pousse dans le sable. Alors il essaie, il cherche Sa bouche mais l'Autre s'écarte et court dans l'eau, c'est un bon nageur. Il est nu comme Lui. C'est comme ça que ça commence, par cette nudité estivale et la baignade isolée et sous l'eau, les caresses qui commencent dans le rire et se terminent par une jouïssance brusque, enfantine, cahotique, hoquetante, et par la louve récompensé enfin, sa peur s'écarte comme les jambes du garçon blond qui ne parle pas sa langue.

Il vit seul à Paris. Les amis et les amants vont et viennent mais ne parviennent jamais vraiment à le satisfaire. Il attend toujours l'été. Il ne voit plus depuis longtemps sa mère ni son père d'ailleurs qui a bien fini par la quitter pour une autre femme, le mensonge n'est pas payant, et il s'en fout, il oublie ses parents, il les a depuis longtemps oubliés, relégués au dernier retranchement des replis de sa mémoire, bien loin derrière l'ensoleillement violent du garçon étranger, de la langue étrangère, il est allé en Allemagne plusieurs fois en vain et sans but réel, et toujours il passe ses nuits à chercher partout la blondeur originelle et candide de ses quinze ans, il espère retrouver le sel de cette après-midi là, il erre, mais l'attente n'est jamais récompensée, c'est un leurre pour ne pas affronter la solitude du grand lit blanc au centre exact de la chambre, il compte toujours les lattes du parquet pour s'endormir, il pleure parfois et ses sanglots emplissent le vide immense de sa chambre au lit si grand et si désespérément froid. Il déteste l'hiver. Il fuit la nuit et se love en creux au creux de reins inconnus dans des arrière-salles ou des sous-sols, au rythme de musiques hoquetantes mais qui calment ses sanglots et dans un coin, un angle, un homme le frôle, puis un autre, les labyrinthes se suivent, il s'y perd, ne retrouve pas sa route, et les signes se sont multipliés car les mythes ont la vie dure. Ils sont dans sa vie comme des monstres immenses et serrent sa gorge parfois, appuient des deux genoux sur sa poitrine et il a beau hurler, personne ne l'entend, il le sait maintenant, ni Dieu ni aucun des anges venus lui tendre la peau, personne parmi ceux qui traînent comme lui, la nuit, à la recherche d'un mythe, et ils n'ont pas d'ailes, la cire fond au soleil. Il ne sait plus quand ni où ni pourquoi ça s'est fait, ça a commencé, comme une brusque bourrasque qui l'aurait trop frappé et le visage en sang dans ses songes et ses sanglots, il appelle toujours, il attend toujours que l'on franchisse le seuil, que l'on passe la porte, qu'on le soulève et qu'on l'emmène, ailleurs qu'ici, dans un autre lit, un lit bateau, un lit trop petit pour deux, un lit où il serait nécessaire de se serrer pour tenir à deux, nécessaire de se tenir pour ne pas chavirer, un lit d'adolescent, qu'on l'emmène autrement que les pieds devant car toutes ses nuits lui pèsent sur le cœur et les reins, pèsent dans son sang et un jour ou l'autre, il le sait, pèseront trop lourd et il se videra à la mer. Son sang ira nourrir le corail, la blondeur des goëmons même si tout finit par pourrir, même si les chambres noires ne révèlent rien qu'un peu plus de douleur et de solitude. Il sait ça, il sait comment ça a commencé, par quelle magie son sang s'est mis doucement à se figer en lui, à n'être plus le battement vif de ses quinze ans ou la terreur de son enfance. Sa peur maintenant est changée. Il est plus calme quand il pense à tout ce poids qui fatalement, attaché à ses flancs, suspendu dans son sang, l'entraînera au fond, plus au fond, là où il n'y a ni cri, ni soleil, ni peur. Il ira à la mer, une fois encore et tout aura enfin un sens, sa vie prendra sens et il suivra désespérément les cendres du courant.

 


SWEET DREAMS

Dans les contes, les princes sauvent les princesses mais tout dépend du fruit défendu, de la pomme croquée ou non, de la sorcière, de la marâtre, des nains priapiques, des bottes que l'on porte. On traverse le monde en quête de ce qu'on a laissé derrière soi. Il n'y a plus de prince ou de princesse, ces mensonges là ont enfin crevé, abcès immondes des maîtres et des esclaves. Les princes pourrissent et les princesses tournent le dos, le monde change enfin. Les songes ont le goût ferreux du sang, la bouche mordue gémit dans l'oreiller, le sein touché espère encore la main, les fesses douces roulent au sable mais il faut savoir salir son cœur, ignorer l'innocence qui n'existe pas et tremper ses lèvres à la boue odorante des champs. Non pas deux sexes, deux genres, et un monde organisé en noir et blanc, en haut et bas, en doux et âpre, en joie et douleur, en guerre et paix, " la paix, laissez-moi " (suis-je en guerre ? suis-je en paix ? laissez-moi mais qui me parle et qui ose, ma douleur n'est pas morte mais ma joie non plus de te savoir, de t'avoir sue et te suivre un jour, je sais, enceinte de mots qui te disent et me disent et l'ignorent, et un jour t'adjoindre, te rejoindre) : mais tout s'en mêle, se mêle et comme les tentacules infinies de la vie plongent et se dispersent dans le ventre de la terre. Ce que dit la mère importe peu. Je me noie. La mer. C'est comme ça que ça commence. L'amour.

 


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Feuillet 8 pages
1 euro (port compris)
Isbn 2-84717-010-3
© Ambition chocolatée et déconfiture, Lyon, 2002.

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NUMERIQUE

Plus d'infos sur l'auteure
BAAL

Plus d'infos sur l'illustratrice
GUDULE DELUXE

BAAL & GUDULE DELUXE se sont rencontrées pour la première fois à Besançon en mai 2000.

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