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Je ne connais rien de plus tragique qu’une prise d’otages. J’ai perdu ma femme dans une prise d’otages. ça se passait, l’hiver 79, on venait d’obtenir notre poste, ma femme était enceinte de trois mois. Elle avait l’habitude d’aller chercher ses œufs frais et sa salade dans le seul magasin de la commune. Le mardi. C’étaient tous les mardis qu’elle rapportait les produits frais à la maison. Le mardi en question, il ventait très fort, elle n’est pas rentrée, et comme on a coutume de dire dans ce genre de situation, ma vie a basculé. Mais vous savez déjà tout ça. Alors vous savez, docteur, cancer ou pas, moi, je n’attends qu’une chose, c’est de la rejoindre là où elle est.