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La maladie donne du pouvoir. Depuis que j’ai contracté le virus, je n’ai jamais eu autant d’amis. Moi qui croyais finir mes jours avec pour seul partenaire ce recueil de nouvelles, c’est raté. Je suis à ce point débordé par les amis que je suis parfois contraint de remettre à plus tard certaines visites. Les visites du soir notamment où, camisolé sur mon lit, je me trouve sans force pour mener une conversation cohérente. Je perds mes mots et ce sont Julie, Toto ou Isa qui finissent mes phrases, abrègent ma pensée. Ils apportent des fleurs mais elles me sont interdites par les infirmières. Risque de contagion, paraît-il. Ils laissent des mots d’amour près de mon oreiller et prennent soin de ne pas me réveiller quand ils quittent ma chambre. Ils sont tout à ma dévotion. Et je les aime comme ça parce que, là au moins, j’ai l’impression d’exister.