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J’avais une passion pour les arts primitifs qui s’est éteinte le jour où j’ai mis le pied au Cameroun. Ce fut un voyage éprouvant, long et désordonné. J’ai perdu une trentaine de kilos là-bas, ma femme y est morte et quand j’ai voulu récupérer les quelques statues que j’avais négociées à un prix ridicule, je me suis entendu dire à la douane que je devais impérativement les restituer à son propriétaire sous peine d’être accusé de vol et de trafic. Le cauchemar. Je suis retourné au Cameroun mais le propriétaire en question avait disparu et l’une de ses femmes m’a menacé avec un couteau, m’accusant à son tour d’avoir volatilisé les statues de son époux. A n'y rien comprendre. Considérant l’ampleur des événements avec un oeil sceptique, j’ai décidé de lâcher l’affaire, définitivement, et je ne suis plus jamais revenu au Cameroun. Ou presque. Dix ans plus tard, alors que je coulais en France une retraite maritime, le Cameroun est revenu à moi. |