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Je voudrais que les gens gardent un bon souvenir de moi. On ne sait jamais ce que pensent les gens de vous. C’est quand on est mort qu’on en apprend de bien belles sur votre compte. Je sais ce qu’ils diront, mes enfants, le jour de mes obsèques. Ils diront que j’ai rendu malheureuse leur mère et que si elle est partie si vite, c’est beaucoup par ma faute. Ils oublieront de dire que c’est grâce à moi si elle a pu ouvrir cette galerie et exposer ses œuvres, c’est grâce à moi si elle a fait le tour de l’Europe et de l’Asie avec ses toiles. Mais mes gosses, ça, ils l’oublient un peu vite. Ils se rappelleront que je n’ai jamais donné signe de vie quand elle était souffrante, que pas une seule fois je me suis déplacé en chambre stérile pour la revoir et lui dire que tout allait bien se passer alors que tout se passait si mal pour elle. Mes gosses diront que j’ai été égoïste, menteur et malsain. Et jamais, je dis bien jamais, ils ne comprendront à quel point j’ai pu aimer leur mère.