La
vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité.
Il n’y a que du flou, de l’informel, de l’incertain.
Tu
veux sortir avec cet homme ? Eh bien, sors avec lui, vas-y,
regarde, il n’attend que ça, il n’a même pas touché
à son dessert ; ça fait une heure qu’il se demande
si tu vas te décider à te lever et à lui proposer
une chambre en ville, ou pourquoi pas l’inconfort de sa voiture,
sa petite voiture de fonctionnaire qui fait tant de kilomètres
dans l’année.
Regarde-le bien, Marie, regarde-le, cet homme. Ce n’est pas toi
qu’il veut, ce n’est pas toi, c’est ton minou, ce n’est qu’un
bout de toi, ton minou, mais ça lui suffit, et toi, pour
ce soir, ça te suffira aussi, hein, Marie, un minou et
un fonctionnaire, c’est un joli ménage, ça fait
de belles sottises ensemble quand on a
le dos tourné. Et les sottises, on les fait quand on
est encore jeune parce qu’après il est trop tard. Dis,
Marie, tu ne voudrais quand même vieillir si vite ?