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En 1942, Klaus Mann s’est donné la mort, c’était à Cannes et Klaus était très triste, très déprimé. Il a pris des barbituriques qu’il a mis dans sa bouche. Il les a avalées, probablement avec un verre d’eau, et il est mort. Il n’était pas très vieux mais il était resté beau, homosexuel et seul. Klaus Mann était écrivain, comme son père. Il avait fui son pays, ses racines, avait appris l’anglais et oublié l’allemand. Klaus Mann prenait des drogues. Il avait peur de lui, il avait peur de la solitude, il avait peur que ça finisse mal pour lui. C’était un visionnaire.

Nous avons étudié mes élèves et moi l’une de ses œuvres, Le condamné à vivre. La couverture du roman montre Klaus Mann quand il avait vingt ans. Il est d’une beauté troublante. Ses yeux autant que ses mots m’ont ému la première fois que je les ai croisés. Mes élèves, eux, s’en foutent un peu, de Klaus Mann. Ce qu’ils veulent, eux, c’est leur bac, et de longues vacances pour boire de la bière.

Klaus ne buvait pas de la bière, lui, seulement du rhum et de la vodka. Comme moi.