069

On m’a demandé de me mettre à côté de ce monsieur. Je n’étais pas très à l’aise, je ne reconnaissais personne dans l’église, à l’exception d’Antoine qui tenait entre ses bras son petit chiot, Terton. Julie portait la robe de mariée, elle était belle, souriante, maquillée. Son futur époux se tenait droit, à ses côtés, je n’arrivais pas à le voir distinctement. Il avait sa main droite qui restait curieusement figée derrière son dos et le bas de sa nuque laissait apparaître de grosses perles de sueur. Il faisait très chaud dans l’église et tout le monde s’éventait le visage avec la main ou l’épais carnet de chants religieux. J’avais très chaud moi-même et au moment où je m’apprêtai à dire très fort que je m’élevais contre l’union de ces deux âmes, un homme d’une quarantaine d’années, plutôt costaud, m’a devancé en s’emparant du micro : il a insulté le marié d’une voix grave et profonde et s’est jeté sur lui en le traitant d’escroc et de menteur. A ma plus grande stupéfaction, j’ai compris que je n’étais donc pas le seul à vouloir rendre public la vérité sur cet homme qui avait abusé pendant toutes ces années d’une famille modeste et aveugle devant le mal.