Nous
avons pris le train de 21 heures et Marie m’a dit que je ferais
la route sans elle jusqu’à Narbonne. Marie aime les mystères
et je ne lui pas posé davantage de questions. Nous nous retrouverons
chez maman, demain.
Il
ne me serait pas venu à l’esprit de lui demander où
elle allait bien pouvoir dormir. Elle allait dormir chez Bob, ou
Mathias. Peut-être chez Renée et Martin, qui sait ?
Marie avait ses nattes de petite fille quand, quittant le train
comme une petite toupie surexcitée, elle m’a demandé
un peu d’argent, juste de quoi payer la location d’une voiture.
Je lui ai dit qu’elle fasse attention à
elle, qu’elle m’appelle si elle avait le moindre embêtement
en chemin, tu as noté mon numéro ?
Le
train m’a emmené jusqu’à Valence. À Valence,
j’ai retrouvé mes parents qui s’inquiétaient de ne
pas trouver Marie avec moi. Je leur ai dit que Marie allait bien,
qu’il ne fallait pas s’inquiéter pour elle. Mes parents n’étaient
pas dupes, pourtant : je leur mentais, encore une fois. Et
Marie ne rappellerait pas le lendemain.