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Le pantalon en question coûte 259 francs. C’est cher mais il me fait envie. Je passe devant le magasin tous les jours de la semaine. C’est un magasin avec une enseigne banale, avec des employés banals, avec des affiches publicitaires banales. Mais dans l’une ces vitrines teintées, il y a le pantalon dont je rêve depuis des semaines. Je l’ai déjà essayé, il me va bien. Patrice m’a dit : il te va trop bien, t’es canon dedans. Il a dit : t’es canon dedans. Je veux ce pantalon. Je ne pouvais pas dire devant Patrice que j’avais pas de quoi l’acheter. Il faut les sortir, les 350 balles, et pour ce mois, je suis un peu fauchée. Un peu à découvert si j’en crois le courrier de la banque.

Ce matin, j’ai pris de l’argent dans la caisse de mon employeur. Il a accusé Soufiane, j’ai eu du pot. Je suis arrivée dans le magasin de fringues en fin d’après-midi, j’ai payé le pantalon avec le liquide, et le soir même, avec mon nouveau pantalon, Patrice m’a dit que j’étais une reine. On est sortis ensemble et là où nous avons baisé, je peux vous dire je n’avais plus besoin de mon futard.