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Le jour de la Gay Pride, j’étais au cinéma. Husbands, de Cassavetes. C’était pas mal. Il n’y avait pratiquement personne dans la salle, dehors c’était ciel bleu et drapeau arc-en-ciel. Je suis sorti, il devait être 16 ou 17 heures. J’ai remonté la grande avenue, j’entendais au loin des sifflets, des sons techno et la voix d’un type qui disait " retrouve-nous sur le web et balance tes… ". Il faisait lourd, j’avais comme des fourmis qui couraient sur mes jambes. Un mal de tête aussi, j’avais mal à la tête et puis le cœur, le cœur qui serrait, comme quand vous attendez des résultats qui mettent en jeu votre avenir, votre vie.

J’ai contourné la rue Vaugirard, de là j’apercevais le cortège au loin.

Dans ce cortège, il y a probablement Jean-David. Il doit porter sa chemise moutarde, un long pantalon en tissu blanc, des tennis et si ce ne sont pas des tennis, ce sont certainement des docks montantes. Jean-David aura pris un sifflet - pour faire du bruit, m’a-t-il dit. Les pédés doivent se faire entendre. Jean-David est pédé. Quelle idée. Est-ce que je suis pédé, moi ?