Nous
venons de congédier Benny et si vous souhaitez prendre le
même chemin que lui, n’hésitez surtout pas : la
porte est derrière vous. Ne croyez pas que vous soyez indispensable
dans cette entreprise. Je connais beaucoup de gens qui seraient
prêts à vous remplacer si d’aventure vous décidiez
de nous quitter.
Entre nous, Josselin, je trouverais regrettable que vous partiez
en claquant la porte. Vous êtes l’un de nos meilleurs
éléments et je ne connais personne
ici qui soit mécontent de votre travail.
Vous
désirez une augmentation. Soit. Mais tout le monde aimerait
gagner davantage. Moi le premier. Je suis ici tous les jours de
la semaine, y compris le samedi matin, à partir de huit heures
et je ne revois pas mes enfants avant huit heures du soir. Et pour
quel salaire ? Et j’ai l’air de me plaindre pour autant ?
Comment
ça, je suis le patron ? Oui et alors ? Mais qu'est-ce
que vous croyez, nous sommes à pied d'égalité,
vous et moi : nous avons tous les deux des soucis, moi-aussi
l'avenir me préocupe, mais contrairement à vous Josselin,
moi je ne baisse jamais les bras. Il faut se battre, Josselin et
arrêter de s’écouter tout le temps. Sinon on s’aigrit
et on ne fait plus rien de bon.