Je
crois bien qu’elles sont lesbiennes. Hier soir, elle m’a dit :
non, ce soir, je dors chez Sylvie. Et Sylvie avait l’air d’être
à la fois embarrassée et contente.
Je
ne sais pas ce qu’en penseraient ses parents s’ils savaient.
Pour
ma part, je n’en pense pas grand chose mais j’aurais aimé
qu’elle m’en parle. Elle n’avait pas confiance ou quoi ? On
est amis d’enfance, ça fait depuis la maternelle qu’on traîne
ensemble et pas une seule fois elle m’a parlé de ça.
Pourtant, tous les deux, on s’en est raconté des choses.
Une fois, elle m’avait dit qu’elle aimerait bien voir le clitoris
d’une autre fille mais comme elle était bourrée, je
n’ai pas fait attention. Et puis c’était il y a longtemps
et on finit par ne donner aucune importance aux choses qu’on ne
veut pas entendre On dit parfois des choses et on n’en pense rien.
C’est pour dire justement, pour ne pas avoir peur des silences qui
s’éternisent et qui donnent de l’impatience à nos
envies. Et moi, je crois que j’ai toujours eu envie de coucher avec
elle. Parce que c’est la fille la plus drôle et la plus sincère
que j’ai jamais connue.
Maintenant, je sais que ça ne sert plus à rien
d’espérer. Il y a d’autres filles sur terre. C’est ce
qu’on dit dans ces cas-là.