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Les dimanches, à vrai dire, je ne sais jamais quoi trop faire. J’interdis à ma femme de recevoir quiconque, après tout, c’est le seul jour dans la semaine où l’on peut être tranquille. Parfois je bricole dans l’atelier, je fais du rangement. Dimanche dernier, on a décidé de vider le grenier. C’est fou le tas de bibelots qu’on garde. Trois décennies de porte- manteaux, de vieilles malles, de vieux linge. En fouillant dans l’une de ces malles, j’ai même réussi à retrouver ma tenue lorsque nous avons baptisé Damien. Une grande veste noire avec le pantalon qui va avec. Au-dessous, étouffé dans un sac de toile épaisse, j’ai déniché une vieille chemise. C’est curieux mais je ne me suis pas souvenu l’avoir déjà portée et quand je l’ai montré à ma femme, elle a paru d’abord très choqué, et puis, sans prévenir, elle a pris ses jambes à son cou, comme si je l’avais menacé avec une arme. Et je l’ai retrouvé quelques minutes plus tard, prostrée au milieu du salon. On aurait dit qu’elle pleurait. Je me suis approché, et c’est bien des larmes qui coulaient sur son visage. Je lui ai demandé ce qui se passait et pour la première dans notre vie commune, elle m’a traité de salaud : espèce de salaud, comme si tu ne savais pas. Il faut tout brûler, tu m’entends ! Brûle tout !

Mais je n’ai rien brûlé et j’ai tâché vainement de comprendre la réaction de ma femme.