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A sa naissance, nous nous sommes aperçus - trop tard- qu’elle avait une malformation. Mon mari et moi avons alors décidé d’un commun accord de la placer dès ses deux ans dans un centre où elle serait soignée. Mais Sonia est décédée au bout de trois mois et il n’a plus été question à la maison d’avoir un enfant. Je m’en suis terriblement voulue simplement parce que je me sentais responsable de ce qui était arrivé : n’était-ce pas moi qui avais porté cet enfant et qui, sans doute par négligence, avait provoqué cette malformation aux reins pour n’avoir pas suivi les conseils du médecin au cours de ma grossesse ? N’est-ce pas moi qui, au cours d’une soirée ( ce devait être au cours du sixième mois) me jeta volontairement dans les escaliers en espérant faire jaillir d’entre mes cuisses le fœtus encombrant ?

Mon mari m’a dit que je me posais les mauvaises questions et m’a conseillé une nouvelle fois de suivre un traitement psychiatrique. Je ne sais pas si je vais le faire, je suis à bout et je ne sais pas si je veux donner un sens à toute cette machinerie dans ma tête.