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Mes plus belles années, je les ai vécues avec ce chien. Nous étions pour ainsi dire deux sans domicile fixe et nous coupions à travers bois et forêts à la recherche d’employeurs honnêtes, des fermiers de préférence. Les fermiers sont les seuls à pouvoir comprendre que le chien, mon chien, est un ami aussi précieux qu’une femme, sinon plus. Je l’avais baptisé Groseille parce la première fois que je l’aperçus, il avait le museau trempé dans un bol de confiture tandis que son maître tâchait vainement de le corriger avec un fouet cinglant. Je suis intervenu, le maître est tombé raide mort et le chien m’a fait une fête du tonnerre en me léchant le bas du ventre et mes jambes poilues. Depuis ce jour nous sommes inséparables et quiconque voudrait m’en écarter peut se préparer à des représailles salées. Groseille est tout ce qui me reste sur cette terre, nous ne sommes pas prêt de nous quitter. Promesse. |